Usage du GPS en RANDONNEE :

Introduction :

Le principal plaisir de la randonnée c’est de profiter de la balade : voir, sentir, écouter.

Donc, ne pas passer son temps à consulter, sa carte, sa boussole ou encore à essayer de déchiffrer un topo indigeste (ne pas gâcher le moment présent comme ces gens qui visitent un site d’exception, le nez dans leur guide touristique ou l’œil rivé dans le viseur de leur caméra ou pire à faire des selfies 😉 !).

Même si on aime les consulter, il faut reconnaître que nos bonnes vieilles cartes ne sont pas bien pratiques sur le terrain surtout si le secteur visité est à cheval sur plusieurs zones ou encore si l’on est pas champion de l’origami (particulièrement lorsque le vent se lève !)

Quel plaisir également de ne pas subir  le stress de l’incertitude sur sa position, de toujours savoir à combien de kilomètres l’on est de l’arrivée ou encore si l’on terminera avant le crépuscule !

Un outil permet de vous apporter la solution : LE GPS qui vous libère de tous ces soucis sus-cités.

Dans la mesure où :

Le but de cet article est de présenter mon retour d’expérience pour répondre au mieux à ce dernier point :
Randonner sereinement en passant le moins de temps possible à le consulter !

Le Matériel :

1. L'investissement minimal : le smartphone :

Alors que nous l’avons (presque ?) toujours dans nos poches, pourquoi s’encombrer d’un appareil supplémentaire….
De nombreuses applications peuvent servir à transformer ce couteau suisse électronique en un GPS de randonnée. Bon nombre sont gratuites. Pour un investissement minimal, il sera certainement souhaitable après une période d’essai de passer à une version premium !

Il suffit de cliquer sur ce lien pour découvrir la grande variété des choix !

Critères à prendre en compte pour le choix :

  • L’existence d’un portail associé pour construire sa randonnée tranquillement à la maison sur son ordinateur
    (certains sont plus ergonomiques que d’autres !).
  • La possibilité de pouvoir utiliser différents fonds de cartes (en particulier des cartes gratuites). Bête d’investir pour des randonnées ponctuelles lorsque l’on est simplement de passage dans une région ou un autre pays.
  • Pour la France : que les cartes IGN au 1:25 000 puissent être disponibles : leurs qualitatifs en font une référence  (même si avec les modèles opensource la concurrence devient très rude (cf comparatif ci-dessous)) !
  • Que ces cartes puissent être téléchargeables dans la mémoire du téléphone (critère impératif)
  • La facilité pour Importer / Exporter des traces (fichiers “GPX”)
  • que l’application ne soit pas trop gourmande en énergie et enfin
  • Que l’interface soit simple d’utilisation (cf introduction)

Je ne pourrais pas vous donner de conseils pour faire ce choix. Certains des critères sus-cités pouvant vous paraître non essentiels, d’autres pouvant manquer. Par exemple :

  • l’application  STRAVA  est  très populaire dans la communauté des “vrais” sportifs (trailers) : car elle offre une gestion de données physiques utile pour suivre sa forme et sa progression à l’entrainement.
  • Avec VisoRando : certains apprécieront de disposer directement de descriptifs de randonnées proposées par la communauté.
  • RELIVE : propose une procédure simple pour se faire une vidéo souvenir de sa sortie !
  • l’application IphiGéNie vous met à disposition ses cartes (IGN) pour un abonnement de seulement 15 €/an mais ne dispose pas de portail alors que
  • l’application OPENRUNNER  répond à l’ensemble des critères susmentionnés, mais est un peu énergivore et vous coûtera 35 €/an 😉  .
OpenRunner : utilisée depuis janvier 2019

2. Le luxe et la sécurité : une montre altimètre - GPS :

M’intéressant au calcul des dénivelées avec les altimètres, j’en suis venu à me pencher sur les montres Altimètres/GPS.

J’ai alors découvert des bijoux de technologie, avec en particulier cette montre à régénération solaire de la marque Garmin (FENIX série 6X Pro Solar) : Outil qui répondait à l’ensemble des critères de mon cahier des charges :

  • Gage de sécurité : il permet de venir en secours d’une éventuelle panne du smartphone : après 8 heures de randonnée seulement 30 % de la batterie était consommée !
    Randonnant maintenant souvent seul, elle permet, dans la mesure où l’on est dans une zone couverte par le réseau, d’envoyer un message d’alerte précisant votre position (appui très long sur un bouton).
  • Facilement accessible : au poignet, on la consulte d’un geste simple, automatique, quasi atavique !
  • Une visibilité incroyable : la lisibilité de l’écran est encore meilleure en plein soleil (très bonne lisibilité avec des lunettes de soleil !!).
    Au départ  la lecture d’une carte sur un écran de 280 * 280 pixels me rendait perplexe … erreur (cf ci-dessous).
  • Installation facile de cartes dans la mémoire de la montre (20 Go de libre à la réception de la montre) : je me retrouve ainsi avec 4 jeux différents de carte de la totalité du territoire français au 1:25 000 : carte Garmin de base, Open Topo Map, Frikart et carte de l’IGN : comparatif en bas de page et méthode d’installation dans cet excellent article.  
  • Interface d’échanges avec un PC ou son téléphone portable grâce à différentes applications, avec en particulier la possibilité de facilement créer ses traces sur l’ordinateur, traces qui délivrent, cerise sur le gâteau, une possibilité d’aide à la navigation (alarme et information sur les changements de cap sur le parcours (navigation “turn by turn”). 
  • Des alarmes discrètes et efficaces : lorsque l’on s’éloigne du parcours ou lorsque l’on va arriver à un changement de direction : une brève vibration sur le poignet immanquable
  • Conviviale : Intégration de cartes (même personnelles) et de fichiers traces (GPX) très facile. L’ajout d’une petite extension (plugin) permet d’échanger directement les traces avec l’application OpenRunner du téléphone sans aucun branchement.
  • Une débauche d’information délivrée d’où l’importance du paramétrage initial pour ne retenir que ce qui vous intéresse !!

Dans le chapitre suivant, je développe  la présentation des différents écrans de données que j’ai retenus. Mais cela est paramétrable à souhait, bien d’autres données peuvent être mises en avant.  

Paramétrage du GPS : Les 9 écrans que j'ai choisi pour la Montre :

Ecran N°1 : l'écran de la montre en dehors de toutes activités

L’application IQ Connect vous permet de sélectionner vos cadrans de montres préférés parmi plusieurs centaines proposés : Des plus classiques (montres analogiques) aux plus originaux avec ou sans information, ici 2 exemples :

  • A gauche un écran avec la météo : relevés réguliers (paramétrables) via une application du téléphone : info : heure de relevé, % d’humidité, vitesse et direction du vent,  Pression atmosphérique, température.
  • A droite une Map monde (la vue de la terre est paramétrable : en fonction de votre localisation, du soleil ou montrant ce que voient les spationautes depuis la station ISS).
    Désolé : capture d’écran faite à 22H03 : Europe et Afrique sont passés dans le noir !

Les couleurs du texte ou des fonds d’écran, ainsi que les autres données sont paramétrables : Fréquence cardiaque, heure du lever et coucher de soleil, Altitude, Pression barométrique, distance parcourue dans la journée, niveau de la batterie en pourcentage ou en jours restants, etc…..

Ecran N° 2 : Avec le choix de l'activité "RANDONNEE" apparaît l'écran de Navigation :

Test des effets sonore au survol
  • A gauche : mon 1er test du Turn by Turn : la trace a été réalisée dans une vaste prairie inondable (d'où sa couleur bleue), la montre venait de vibrer pour m'annoncer une épingle à cheveu dans 58 mètres !!
  • A droite : lors de ma 1ère randonnée : dans 585 mètres l'on quitte le sentier actuel pour prendre un bout de piste !
Notez que les couleurs de la trace à faire et déjà faite sont paramétrables !

Il est loin le temps où je bricolais mes fichiers "GPX" pour avoir la sympathique alerte

d'un papayo guyanais**

aux passages de Waypoints placés à des endroits stratégiques de navigation ou lorsque je m'éloignais de la trace le déclenchement de

cette alarme originale**


** Clic puis passer la souris sur la zone !

Ecran N° 3 : la boussole indiquant en permanence le cap vers l'arrivée :

Ecran N° 4 : Climb Pro : les différentes ascensions du parcours :

A l’ouverture du fichier GPX, une analyse du profil est faite (plus ou moins heureuse lorsque celui-ci est complexe)  : les montées sont individualisées.
Dans notre exemple, 5 ascensions ont été répertoriées.

Les données proposées sont de 2 types :

  • Soit (à gauche) l’on est sur le plat ou en descente et vous êtes informés de la distance jusqu’au pied de la prochaine ascension (dans ce cas la 5ème et dernière ascension de la journée débute dans 490 m), la pente moyenne (17 %), sa longueur (860 m) et le D+ (ici 145 m).
  • Soit (à droite) on est en cours d’ascension (position matérialisée par le point rouge – chemin parcouru en vert, restant en bleu). Il reste 420 m à parcourir pour atteindre le sommet et encore 99 m de dénivelé sur les 145 m que comptaient cette petite grimpette.
    Notre altitude actuelle est de 400 m et mine de rien cela fait 3H19 que nous randonnons !

Ecran N° 5 : Dénomination du chemin/rue/route sur laquelle nous sommes :

Cet écran plus austère nous informe du nom du chemin que nous empruntons : ici le GR 60.

La flèche indique le cap à suivre.

Nous devons le suivre pendant 1.01 Km.
Mais nous nous sommes éloignés de 10 mètres de son tracé.

Je n’ai pas encore situé, dans les entrailles de la bête le menu pour définir le seuil d’alerte personnalisé !!

Ecran N°6 : Le profil de la randonnée :

  • Altitude Maximale de la randonnée : 482 mètres.
  • Altitude Minimale : 117 mètres

Nous sommes au pied de la dernière ascension du jour, 

pour cette randonnée de 13.49 Km :

  • 528 m de D+ réalisé (en vert)
  • 174 m encore  à faire (en bleu)

Ecran N° 7 : Données d'altitude :

Ecran N° 8 : Données de distance et de temps :

 

 

Altitude actuelle

 

 

Altitude Maximale et minimale atteinte
depuis le début

D+  et D- effectuées    

En Haut : Heure actuelle

De ces 2 temps (tps écoulé et chrono) on déduit le temps de pause

Distance effectuée et distance restant à faire

Vitesse moyenne et vitesse verticale (des valeurs très très faibles. La cause : beaucoup de belles photos pour cette très belle randonnée et beaucoup de temps passé à découvrir la montre !!!!

en bas : Heure du coucher de soleil

Ecran N°9 : Données diverses :

3 Ecrans visibles à l'arrêt de l'activité :

Comparatif de 4 cartes embarquées : 3 gratuites (Garmin, OpenTopoMap (OTM), et Frikart) et 1 payante (IGN) :

1. Comparatif en milieu urbain (au niveau de ma position actuelle) :

GARMIN TOPO ACTIVE

FRIKART

OTM

V5 PRO (IGN)

Pour ce 1er comparatif :

  • la carte IGN, riche en couleur, mais d’un graphisme discutable très éloigné de la carte papier traditionnelle est très décevante.
    Il faut savoir que dans le paramétrage on peut régler le niveau de précision des détails.
    Pour notre exemple même en choisissant un niveau de détail haut, aucune mention de rue ne figure sur ce zoom !!
    La carte IGN est la seule des 4 à ne pas représenter la piste cyclable (en bleue sur Frikart**).
    Par contre la voie en plus (celle la plus à l’est perpendiculaire à l’axe principal) est une voie privée que l’on ne peut emprunter !
    A noter également que, et là c’est assez grave, les tâches de verdure ne correspondant pas vraiment à la réalité (même ancienne !) : il s’agit d’un quartier résidentiel avec uniquement des maisons individuelles sur des jardins privatifs  de 1 000 à 2 000 m².
    En témoigne, ci-contre, la vue aérienne de la même zone proposée par Google Earth où d’ailleurs certaines zones de verdure sont accentuées par l’ombre portée des arbres que reproduit en vert IGN !!!
  • la carte OTM remporte sans discuter le match :  Fournie par un site allemand  (vous randonnerez souvent sur des  Fußweg, sentiers en allemand). Sur cet exemple, elle propose beaucoup plus de détail : en particulier les courbes de niveau (courbe des 10 m d’altitude) ou encore une poubelle de verre (sigle vert recyclable à 13 heures sur le cadran) qui pourrait être un élément d’orientation intéressant.
    A noter également que, comme les services fiscaux, OTM à identifier ma piscine 😉 !
  • La carte FRIKART : fournie par un site Norvégien, est une copie de la carte OTM à quelques détails près, ce que confirmera mes comparaisons suivantes !

** Ce visuel est apporté par le fichier : OSM Overlay Trail que l’on peut également couplé à OTM pour améliorer encore la visibilité d’OTM !

2. Comparatif en garrigue :

GARMIN TOPO ACTIVE

FRIKART

OTM

V5 PRO (IGN)

J’ai choisi cette zone parcourue lors de ma dernière randonnée pour 3 raisons :

  1. Elle est très belle et très variée avec son petit lac
  2. Il y a pas mal de dénivelé (permet d’apprécier les courbe de niveau)
  3. la présence de nombreux sentiers ne facilite pas la navigation.

Mettons de côté la carte de base Garmin fournie avec la montre au départ.

Pour les 3 autres cartes :

  1. les sentiers sont bien representés 
  2. Les courbes de niveau sont discutables pour FriKart (courbe tout les 50 m ?)
  3. Mais du “coup” le graphisme apporte une meilleure lecture

En comparaison, ci-contre, une copie d’écran apportée par le téléphone : là il n’y a pas photo s’agissant de :

  • la zone couverte sur l’écran,
  • la facilité de déplacement sur la carte et surtout
  • la capacité de zoom avec l’écran tactile.

Ce comparatif avec la carte IGN au 1:25 000 fournit par OpenRunner sur le téléphone, illustre bien la nécessité d’un graphisme différent sur les GPS Garmin aux écrans souvent petits, de qualité moyenne et surtout de définition plus faible : Imaginez la carte IGN classique sur la montre, ce serait illisible !

Résultat ? : cela se discute, histoire de goût ?. Personnellement, je mettrais en :

  1.  IGN : lisibilité et courbe de niveau
  2. Frikart : pour sa lisibilité même si les courbes de niveau sont moins évidentes
  3. OTM, mais le match est serré, n’est-il pas ?

3. Une zone sur 4 niveaux de zoom avec de nombreuses voies de communication :

On retrouve sur ce petit périmètre différents axes : fleuve (Vidourle) – canal (Jean Lamour) – autoroute (A9)  – voies ferrées (TGV et voie classique) – routes – chemins – sentiers.. 
En rouge une petite balade de 8 Km (Voir carte “dynamique” OTM et vues aériennes en vidéo ici)

Connaissant très bien la région, je me permets quelques petites remarques :

Sur le zoom de niveau 1 (échelle 700 m), Entre la carte OTM et Frikart : amusant l’autoroute est colorée en bleue (en rouge pour Garmin, jaune pour IGN) et sur le fleuve en bleu lui aussi (c’est le Vidourle) la mention de Montpellier pour l’un et Nîmes pour l’autre !! Celà aurait été plus judicieux d’écrire Vidourle (Gustave COURBET va se retourner dans sa tombe !).

Avec la carte IGN : même critique que pour la zone urbaine, lorsque on la compare à la carte OTM  :

  • Des dénominations sont absentes : Ex. : chemin du Mas de la Jasette 
  • Grand renfort de couleur, qui d’une part n’apporte pas beaucoup d’information : voir surcharge inutilement et 
  • D’autre part sont parfois trompeuses : Exemple sur zoom de niveau 2 (échelle 300 m) : avec la carte OTM, à gauche (au nord) du chemin “Mas de la Jasette”,  2 zones de végétation s’individualisent : une masse verte unie sous le mot “Mas” (cette tâche verte est en blanc sur la carte IGN)  et une zone avec des tâches vertes sur fond jaune. Cette représentation colle avec la réalité : La masse verte unie est une prairie où paissent des taureaux camarguais et la zone jaune et verte, une pinède. Bon je vous l’accorde, rapidement dès la fin du printemps, cette prairie n’a plus un look très normand 😉 !!

En faite, jonglant fréquemment entre carte IGN et OTM depuis pas mal de temps, je constate souvent que les cartes IGN et OTM sont complémentaires.  Régulièrement je fais ce type d’observation.
Un exemple déjà présenté dans mon article sur la préparation de randonnée :
Ci-dessous, La même zone vue par OTM et IGN : la flèche jaune pointe vers un sentier proposé par OTM qui n’existe pas pour IGN – la flèche rouge : l’inverse. Sur le terrain on constatera que les 2 portions se rejoignent !

Cette observation met bien l’accent sur la nécessité de bien préparer sa randonnée à la maison, car jongler avec les cartes sur sa montre serait assez laborieux !

Sur le terrain, il s’avère donc utile, suite à ces observations, d’embarquer 2 fichiers “cartes” différents sur le smartphone et la montre. Personnellement j’ai retenu :

  • Carte IGN sur le smartphone et
  • Carte Open Topo Map sur la montre.

En conclusion :

Pour randonner serein, en toute sécurité, en profitant au maximum de sa balade :

  • préparez bien votre sortie (connaissance du parcours et de ses difficultés, équipement approprié, forme physique).
  • apprenez à bien utiliser vos aides à la navigation (carte, topo, gps, etc..)
  • Une bonne lecture de la carte restant malgré tout indispensable.
  • Disposez de 2 jeux de cartes sur 2 supports différents  accroît votre sécurité : ceinture et bretelles (GPS et bonne vieille carte papier dans le sac, dans mon cas smartphone et montre).

Avec la montre en plus, Sécurité et liberté de randonnée : Une rapide consultation de la montre au poignet de temps en temps. Une petite vibration d’alerte éventuelle si je deviens trop rêveur pour m’avertir de changer de direction ou si je dérive de la trace. Un contrôle de temps en temps de la carte sur l’écran plus large du téléphone.
Bonne Balade……….

 

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